En avril 2026, l'Institut Janus a publié un livre blanc de la copropriété, un travail de fond préfacé par Lionel Causse, député des Landes. Le document propose de réformer un cadre devenu difficile à lire, en simplifiant le droit, en modernisant la profession de syndic et en restaurant la confiance entre les copropriétaires, les gestionnaires et les pouvoirs publics. Parmi ses constats, il en est un qui rejoint notre conviction la plus ancienne : la copropriété perd trop souvent sa mémoire. Nous voudrions nous y arrêter.

Un livre blanc pour une copropriété plus lisible

Le point de départ du livre blanc est un diagnostic que beaucoup de conseils syndicaux reconnaîtront. À force de réformes successives, le droit de la copropriété est devenu un empilement difficile à suivre, où les copropriétaires peinent à comprendre leurs droits et où les décisions se bloquent en assemblée. Les dernières années le montrent bien : la loi ELAN de 2018 a habilité le gouvernement à réécrire une large part de ce droit par l'ordonnance du 30 octobre 2019, un vaste chantier suivi d'ajustements réguliers. Dans sa préface, Lionel Causse rappelle que la loi de 1965 a été modifiée de nombreuses fois et qu'à force d'ajustements, sa lisibilité, selon ses mots, « s'est affaiblie ».

Face à cela, le livre blanc avance plusieurs pistes : réduire le nombre de régimes de majorité en assemblée générale, mieux encadrer les contentieux par la médiation, moderniser le contrat de syndic, renforcer la formation des gestionnaires, et valoriser le conseil syndical. L'esprit n'est pas de désigner un responsable, mais de rendre le système plus clair pour tout le monde. C'est un objectif que nous partageons pleinement.

Le constat qui nous parle : la mémoire qui s'efface

Au milieu de ces propositions, une observation retient l'attention. Le livre blanc relève que, lors d'un changement de gestionnaire, la transmission de l'information reste souvent partielle : la comptabilité, les documents contractuels, l'historique des travaux et le carnet d'entretien ne se transmettent pas toujours proprement d'un cabinet à l'autre.

Dit autrement, la copropriété oublie. À chaque rotation de syndic, et parfois à chaque renouvellement du conseil syndical, une part de la connaissance accumulée se dilue. Ce n'est la faute de personne en particulier : c'est un défaut de système, où l'information vit dans des outils qui ne se parlent pas, et dans des têtes qui changent. Le livre blanc le nomme sous l'angle technique de la portabilité des données. Nous préférons l'appeler par son vrai nom : la mémoire de la copropriété.

Pourquoi la mémoire de l'immeuble est un enjeu, pas un détail

Une copropriété sans mémoire se condamne à recommencer. Un conseil syndical qui arrive découvre un immeuble sans en connaître l'histoire : pourquoi tel contrat a été signé, ce qui a été voté il y a trois ans, quels travaux ont déjà été chiffrés puis reportés. Faute de trace, on réétudie ce qui l'a déjà été, on repose les mêmes questions, on perd un temps précieux.

Les conséquences sont très concrètes. Des contrats se reconduisent sans que personne ne se souvienne de les remettre en concurrence. Des désordres réapparaissent parce que le suivi des interventions passées s'est perdu. Des décisions se reprennent en assemblée faute de savoir qu'elles avaient déjà été tranchées. La mémoire n'est pas un confort administratif : c'est ce qui permet de décider vite, de bien piloter les charges et de préserver la valeur du patrimoine dans la durée.

Portabilité, interopérabilité : la réponse structurelle proposée

Le livre blanc propose des remèdes de fond, et ils vont dans le bon sens. Il appelle à des outils communs garantissant l'interopérabilité des systèmes informatiques entre cabinets, afin que les données suivent la copropriété quand elle change de gestionnaire. Il suggère aussi un livret d'accueil remis à chaque nouveau copropriétaire, pour qu'il comprenne rapidement le fonctionnement de son syndicat, et une charte d'éthique partagée par les acteurs du secteur autour de la transparence et de la qualité de l'information.

Ce sont des chantiers utiles, mais ils relèvent d'une réforme, donc du temps long. La question que se pose un conseil syndical aujourd'hui est différente : comment garder la mémoire de mon immeuble sans attendre que le cadre évolue ?

Ce que le conseil syndical peut faire dès maintenant

La bonne nouvelle, c'est que l'essentiel ne dépend pas d'une loi. Un conseil syndical peut, dès aujourd'hui, prendre l'habitude de conserver ce qui fait la mémoire de l'immeuble : les procès-verbaux, les contrats et leurs échéances, l'historique des travaux et des devis, le carnet d'entretien. Réclamer une transmission complète lors d'un changement de gestionnaire est un droit, et c'est le bon moment pour vérifier que rien ne se perd.

Le point de bascule, c'est de ne plus faire reposer cette mémoire sur une seule personne. Tant que l'histoire de la copropriété tient dans la tête d'un conseiller dévoué ou dans les dossiers d'un gestionnaire, elle reste fragile. Le jour où elle devient un actif partagé, consultable, elle cesse de dépendre des allées et venues.

Maco : la mémoire de la copropriété, disponible aujourd'hui

C'est exactement la raison d'être de Maco. Là où le livre blanc appelle de ses vœux l'interopérabilité et la continuité de l'information, Maco en apporte une part concrète, tout de suite. Maco lit les documents de la copropriété, les comptes, les contrats, les procès-verbaux, les diagnostics, elle mémorise tout, pour que la copropriété sauvegarde son actif le plus précieux.

Pour un conseil syndical, cela veut dire retrouver en quelques secondes une décision, une échéance ou un devis d'il y a plusieurs années, et prendre ses fonctions sans repartir d'une page blanche. La mémoire de l'immeuble cesse d'être un point faible pour devenir un point d'appui, qui survit aux changements de conseil comme de syndic. Demandez une démonstration de l'application.

Ce qu'il faut retenir

Le livre blanc de l'Institut Janus, préfacé par Lionel Causse, dresse le portrait d'une copropriété à simplifier et à réconcilier avec elle-même. Au fil de ses propositions, il met le doigt sur un mal discret mais coûteux : la mémoire de l'immeuble qui se perd au gré des changements. C'est un sujet que nous portons depuis le premier jour, et sur lequel il est possible d'agir sans attendre la réforme.

Pour aller plus loin, parcourez nos guides sur la copropriété, sur le conseil syndical et sur le syndic.